juillet 20, 2008

Gênée

chuleta

que hembra ere’

 

capital enrodeada

por mis afueras de tumultos

               

deshielate bajo

el aliento de mi voz

 

vos sabés qué quiero

 

ese ramo sensual de aire entrampada

por tu hielo-timidez

 

palpita pajarita

que tu cintura multicolor

ya se te cae a los tobillos

 

juillet 20, 2008

Ici

comment dire soi  comment le dire

quand 

je lis le braille de notre condition à m’user les digitales

inexorable dissolution incarnée dans cette famille en deuil

mon soi coquille un moment anéantit de compassion

en ce monde par ce monde pi pour ce monde

 

 

 

***

 

 

je ne suis pas vide mais plutôt

en moi-même squattant un édifice d’autrefois

une usine désaffectée l’ouvrage les émotions

délocalisées dans le monde

 

ainsi je prête aux choses de singulières intentions

***

 

 

je me souviens

de cette activité à la garderie

une feuille au préalable multicoloriée

était complètement recouverte de cire noire

là avec l’ongle du pouce

on faisait réapparaître la beauté occulte des choses

en bonshomme en pitous en maisons disproportionnées

 

la lyse du soi est cet ongle sale

libérant le sens

volontairement caché

juillet 20, 2008

Méfloquiné

encore nuit
mon récepteur toujours allumé j’écoute

se réaliser la peur sangsue

 

 

à soir toutes les ondes s’affaissent 

plates         muettes

toutes les plages de ma radio disparaissent

sous l’écume chaotique de la distorsion

 

de 3 à 26 Mhz

rien

que l’inhabitable solitude du bruit

où aucun silence ne trouve son repos

 

jusqu’à ce

                  qu’enfin

                                presqu’imperceptible

 

un claquement de dents

un frisson d’os

 

trois coups secs                                                  code morse

                           trois longs

                                              trois secs

à l’infini répétés

 

derniers spasmes de ma civilisation

 

 

 

juillet 14, 2008

incompetence

breath sweat it through

and slowly sheath your aching anger

mai 3, 2008

la peur

je reverrais Alexandrie la bibliothèque en flammes
pi le Tigre couler noir aux pieds du Mongol

le langage l’écriture les portails
l’information enfin libre
cette expansion externe du code intime
nous rend plus fonctionnels        nous permet
de partager pi s’échanger des algorithmes
déjà testé au contact abrasif du réel
comme les bactéries
s’échangent en amour-pilus leur être-information

aujourd’hui la sphère entière participe à l’échange
continuel de pulsions reproductives
d’informations     d’interprétations     de litiges
l’amalgame des êtres-données
paraît inarrêtable

mais si
un cataclysme
le feu d’une tempête solaire
venait effacer toute l’information stockée
dans les composantes solides

si tout était rendu chaos vierge
toute donnée tout renseignement toute solution
perdus

qu’est-ce qui nous arriverait

s’il ne restait que le code intime

 

avril 30, 2008

l’heure

la flèche du temps m’angoisse
son trajet menace le mien

chaque pièce a son heure
assise sur la table de chevet
peinte sur le mur
réverbérée au plafond
elle paraît même morsure au poignet des hommes
lorsqu’ils boivent crient pi ruent
ou quand une bise de fatigue les dévêt au soir
elle choit   silence immobile    épie
les pieds gelés poindre de sous la couverture

avril 28, 2008

les jours simples

je suis celui qui est
un algorithme autoperpétuant
le vecteur de survie de milliers de gènes
leur automate conscient la vraie tragédie
l’esclave du code intime qui dicte ma mortalité

l’évolution naît
de l’émergence pi de la compétition entre les gènes
de la lutte à la mobilisation des ressources externes
pour leur bête réplication

pi moi là rien de plus ni de moins
que leur expression transitoire
leur ordinateur le preneur de décisions
le journalier
qui se satisfait du salaire de vivre
le cabotin d’une lutte reproductive
insensée  pi imprévue
entre des chaînes de bases aminées

mais          pourquoi mortel
est-ce   que si j’étais conforté par une existence éternelle
je ne me conformerais plus
à la danse amoureuse
au métissage du code intime
qui lui permet par des recombinaisons aléatoires
de se prémunir contre les sauts d’humeurs
de l’environnement imprévisible
la population serait-elle ainsi trop exposée
à une extinction massive
pi le code éternellement figé dans mon expression
voué           tôt au tard            à la dissolution         à augmenter
le crue de l’entropie qui submerge tout

ou est-ce que vétéran je m’arrogerait trop
de ressource pour que mes jeunes pouces
vivent croissent comme moi
se disséminent
pi que pour qu’elle soient je doive être dissout

ou n’est-ce enfin qu’un phénotype fortuit
insignifant comme le soleil l’est à la roche
sans conséquence sur la transmission du code
non délétère non favorable
la mortalité à ma semblance
sans raison

j’aurai chanté le code occulte qui me fend le cœur

mes jours seront simples su’a côte des neiges
dévêtu des habits-fourreaux de la séduction
pi de mes sages excentricités
je ne pleurerai même plus toutes les amours
que le hasard m’a servies

mes jours seront simples su’a côte des neiges

avril 3, 2008

le déni

en fin de journée
il me les dévoile accusateur
la plaie noire nouures aux nuits sueurs froides
à sa cuisse
¿Parásitos verda’?
 
je ne crois pas

n-é-o

les briques du corps vivant perdent
le contact avec la réalité
c’est la  psychose inébranlable
des membres fonctionnels d’un groupe autoorganisant

les cellules néoplastiques
deviennent des moteurs à réplication bornée
vivantes     c’est comme si elles se cristallisent

pi le corps de cet homme
s’en va se minéralisant

avril 3, 2008

sur la panaméricaine

renversade
fille d’essencerie-gîte

!

toi au matin sous l’empire du sommeil
toujours la même chevelure en vacarme
la même ferveur du lit de noce au visage
l’intimité    la marrée basse de l’action
tu regardais toujours derrière toi
petite proie suivie     docile        adoptée

avril 3, 2008

petite carte photo

petite carte photo
oh mes yeux noirs
cette part de moi
vécue en arrière pensée
tout ce que mon phénotype bègue
n’exprime pas

chère idée fixe copiée collée
infiniment

les chemins se font route
moi pi elle on change pas