Voilà, j’ai publié ici plusieurs des poèmes contenus dans le recueil. Si vous êtes intéressé à le lire au complet, le fichier PDF est disponnible dans la barre d’outil à droite.
mai 31, 2009
l’équilibre
nouvelles veillées montréalaises
j’ai dans ma tête
le réchaud des nuits passées
l’oracle de mes temps nouveaux
j’ai mon poing engainé
les aboiements de toutes mes joies dans le torse
pi le point de vue effilé des choses qui transpercent
rue Wellington
une fille-du-roy m’envoie une dernière toise
braisée sur des fautqutummbaises-làààà
oouuuuuuuuuuain!
chu
de retour en ville en vie en vrai
montréalais puéril de plein printemps
sérieux
4 fins du monde pi deux tremblay
à 8 en machine vers Parc-Ex
là! troisième hidjab à gauche!
on barbecue le mois de d’avril en gougoune en pleine rue
mais néanmoins malgré
la frénésie du bourgeon qui s’étire
des robes qui virevoltent
d’un coup
les œillères peuvent tomber
pi je reviens là à la périphérie du monde
sachant que je transige
au jour le jour avec le drame
qu’un temps je serai qu’on sera tous
calmes comme elle figés petite carte photo
sortie prendre l’air calmes
même les bras-sales
les bâtards les sang-mêlés
tous calmes
su’a côte-des-neiges
mai 31, 2009
retour
salut je crois être rentré
de la périphérie de retour
j’ai été le mot ainsi que la rature
son ptit nom à elle pi ma date de péremption
étaient gravés là sur un os douillets
entre la chair pi le muscle
qui les ont travaillés jusqu’à l’illisible
plus tard peut-être on se recroisera
quand nos jours seront plus simples
d’ici là je compte mes doigts bourgeons
toujours cinq presqu’assez
pour jouer l’accord parfait
sur la harpe garde-fou du pont Lachapelle
j’ai toute la joie d’être revenu au monde
pi de scèner partout dans nos théâtres insulaires
mai 31, 2009
le sud se fait attendre
le sud se fait toujours attendre
le travail lui vient au devant de moi
faut que je reparte
là-haut
je rentre après
un petit bout de chemin
après 24 mardis
après la lente fonte des neiges
pi la boursouflure du nordet
dans le fond
chu déjà reparti au nord
cueillir une broue peut-être dame
mai 31, 2009
la tangente
mes amours toutes tangentes à cette vie
toutes apparues au plus sûr d’une audace
pi leur déroulement fixé comme la gamme
sauf elle
petite carte
l’unique inquiétude
une robe écarlate au complet
entrée dans ma bouteille de bière
j’interprète son visage au litige
testament sans ponctuation
incompréhensible pi trente-sept degrés à son ombre
décembre 15, 2008
réflex
mi ruuuuuuuuubio
ha’ me otra injección
canicule des lèvres mordues
mes cheveux trop longs
crêpus de gros collage dans le lit
puis enroulés à son annulaire insomniaque
j’irai me les raser demain
octobre 18, 2008
l’acharnement
il y a ici des morts
à première vue absurdes
des traumas exsanguinés en route
vers l’hôpital régional
des mononucléoses s’obstruant
dans la salle d’attente
pi des enfants taris par une diarrhée
mais est-ce pire que les vieux
qu’un AVC aliène de leur corps
qui se fanent à la longue sécheresse sénile
de leurs dernières années alitées
j’aimerais savoir refuser
la mort aseptique des draps de lin blanc
les soins désintéressés
des préposés aux bénéficiaires
l’obstination inepte de la morale bedonante
qui refuse au départ mais rend inévitable
la mort chronique d’une maladie de longue durée
peu importe personne n’échappe
à l’acharnement thérapeutique du sort
septembre 23, 2008
antienne
j’arrache à la nuit sa cagoule
pi je ris la ramène vers moi main basse
ses cheveux montés en couvre-feu
elle passait tantôt dans ma vie un hasard glissant
avec ce bruit de lame qui décachette une nouvelle
entre le derme pi l’épiderme
elle adopte toutes les poses
chacune a sa niche
pi toutes apprivoisées
toutes ses petites bêtes sensuelles
des actrices au chômage squattant sa poitrine
septembre 23, 2008
elle est comme
une colère qu’on se monte
les yeux fermés
un bazar de sous-sol d’église
un pigeon perdu
dans le colombier
un obstacle
en plein désert
pi un portrait fait
les yeux fermés
août 31, 2008
la croire avait rompu
la croire avait rompu
les bras de ma montre
elle apprêtait mes choses
pour moi leurs pelures
couvraient le plancher des onglets immenses
volés aux livres d’un comptable confus
me tendait les cartiers juteux
de loin derrière
le tamis de l’observation
insidieusement jalouse pi m’en voulait
de connaître une autre nudité que la sienne
cruellement délaissée maladie orpheline