je suis celui qui est
un algorithme autoperpétuant
le vecteur de survie de milliers de gènes
leur automate conscient la vraie tragédie
l’esclave du code intime qui dicte ma mortalité
l’évolution naît
de l’émergence pi de la compétition entre les gènes
de la lutte à la mobilisation des ressources externes
pour leur bête réplication
pi moi là rien de plus ni de moins
que leur expression transitoire
leur ordinateur le preneur de décisions
le journalier
qui se satisfait du salaire de vivre
le cabotin d’une lutte reproductive
insensée pi imprévue
entre des chaînes de bases aminées
mais pourquoi mortel
est-ce que si j’étais conforté par une existence éternelle
je ne me conformerais plus
à la danse amoureuse
au métissage du code intime
qui lui permet par des recombinaisons aléatoires
de se prémunir contre les sauts d’humeurs
de l’environnement imprévisible
la population serait-elle ainsi trop exposée
à une extinction massive
pi le code éternellement figé dans mon expression
voué tôt au tard à la dissolution à augmenter
le crue de l’entropie qui submerge tout
ou est-ce que vétéran je m’arrogerait trop
de ressource pour que mes jeunes pouces
vivent croissent comme moi
se disséminent
pi que pour qu’elle soient je doive être dissout
ou n’est-ce enfin qu’un phénotype fortuit
insignifant comme le soleil l’est à la roche
sans conséquence sur la transmission du code
non délétère non favorable
la mortalité à ma semblance
sans raison
j’aurai chanté le code occulte qui me fend le cœur
mes jours seront simples su’a côte des neiges
dévêtu des habits-fourreaux de la séduction
pi de mes sages excentricités
je ne pleurerai même plus toutes les amours
que le hasard m’a servies
mes jours seront simples su’a côte des neiges